Collège Français de Tuléar - Etienne de Flacourt
Collège Etienne de Flacourt
Collège Etienne de Flacourt
Etablissement Français - TULEAR
Etablissement Français - TULEAR

ARCHIVES DU COLLEGE ETIENNE DE FLACOURT

Découverte du parc national de l’Isalo et de la région de haute Matsiatra (Fianarantsoa)

Les deux classes de cinquième ont participé à un grand itinéraire de 6 jours dont un des objectifs était la compréhension des paysages et de l’influence de l’homme. Ce projet important s’est déroulé du 15 au 20 avril 2013 : les 35 élèves et les 4 professeurs (SVT, Histoire-Géographie, EPS, CPE) ont parcouru 1600 km en bus et traversé une multitude de paysages exceptionnels du sud malgache. Les roches prélevées nous permettent de réaliser une lithothèque, « bibliothèque de roches », qui servira de base à tous les élèves de l’école et à ceux qui souhaitent mieux comprendre les paysages de la partie sud de Madagascar. 

Plusieurs étapes ont jalonné ce parcours de Tuléar à Fianarantsoa : en route !

I- La Table (Andatabo)

Une carrière permet d’observer en coupe les roches qui constituent La Table, un point haut bien connu qui surplombe Tuléar, inclus dans le plateau Mahafaly. A la vue des strates, couches horizontales de roches, des questions se posent… Le marteau de géologue nous aide à prélever des échantillons. Tiens ! Il y a des coquillages… Mais que fait cette accumulation d’huîtres fossilisées à plus de 100 m au dessus du niveau marin actuel ?! A la manière de détectives, nous voilà partis pour plusieurs jours de questionnement et de recherche pour comprendre les paysages. Nous sommes dans une démarche d’investigation.

 

II-Le massif de l’Isalo (Madagascar National Park)

Nos traversons un nuage de criquet alors que nous nous approchons des premières falaises… La Maison de l’Isalo, un musée, nous présente ce paysage grandiose et les nombreux sujets que nous allons aborder. Pause déjeuner, puis, deux heures avant la nuit, nous arrivons au camp Namaza, point de départ de nombreuses marches. Des lémuriens nous accueillent…mais il nous faut monter les tentes. Quel exercice pour ceux qui n’ont jamais campé dans la nature ! La nuit fut courte pour certains en raison de cette expérience de vie collective, à l’extérieur du cocon familial.

Levés le lendemain à 5h30 du matin, nous avons découvert lors d’une longue marche des tombeaux Bara dans les parois rocheuses. Guides et professeurs apportent des explications, sur ces traditions, l’accès au parc, sa nature « ruiniforme »… Le grès, roche sédimentaire qui constitue le massif, a une très longue histoire. Le marteau a encore fait des étincelles ! Ce grès n’est pas si solide d’ailleurs… des grains de sable s’en détachent facilement. Il parait même qu’on peut y trouver des fossiles de dinosaures : ils étaient exposés au musée.

L’après midi, nous avons longé et remonté une rivière, au fond d’un canyon très profond. La végétation est particulière, souvent à l’ombre, l’eau omniprésente…Il y a de véritables plages, comme en bord de mer… mais au fond du canyon ! Quel est le « sculpteur » de ce paysage ? Nous réalisons que nous le savions déjà tous : c’est l’eau ! Elle érode le grès et transporte les grains de sable qui le constituent, formant ces plages. Pour terminer la journée, nous atteignons un point infranchissable : une cascade qui tombe dans une véritable piscine naturelle. Les nageurs les moins frileux vont profiter de ce coin de nature préservée, sous l’œil de celui qui connait très bien l’endroit : M. Zacharie Raherilalao. Plus tard, des jeux autour du feu de camp terminent l’étape.

III- La réserve Anja (Ambalavao)

7 km avant Ambalavao, connu pour son marché de zébus, nous découvrons cette réserve gérée par la communauté paysanne. Nous avons, depuis plusieurs heures de route, changé de paysage : nous allons rechercher des explications à ces montagnes qui ne montrent pas de stratifications et qui offrent un paysage plutôt arrondi.

Caméléons et makis catta nous accompagnent dans ce chaos minéral et végétal. En effet, des blocs de roches semblent être tombés des massifs qui se dressent devant nous. Comme nous, les lézards récupèrent les derniers rayons du soleil sur les blocs chauffés. Des cris d’animaux retentissent.

L’ambiance est sereine, la nature puissante et belle. Mais le professeur de SVT attend que le groupe se remette au travail : schémas, questions et rappels de début d’année ! Finalement, nous sommes sur du granite, roche résistante… sauf quand elle est attaquée par l’eau depuis des millions d’année ! Fragilisé, le granite forme des blocs individuels, un chaos disent les géologues. Quelle chance de pouvoir fouler de nos pieds ce paysage bien différent de celui de Tuléar.

IV- Région de Haute Matsiatra : culture du riz, du thé et élevage

Nous investissons mercredi soir les dortoirs de la pension Ny Akaniko de Fianarantsoa. Encore une fois Mme Rita nous cuisine un excellent repas. Nous apprécions de dormir dans des lits après deux jours de tentes. Nombreux dans les dortoirs au confort simple (jusqu’à 8 lits), il convient de respecter chaque camarade de chambrée en rangeant ses affaires, tenir propre le lieu et se laver régulièrement.


Nous avons visité l’exploitation de thé de Sahambavy. De la récolte à la déshydratation, du broyage à la fermentation, toutes les étapes pratiquées dans cette usine furent détaillées. Nous avons appris que le théier est un arbre originaire d’Asie (Camellia sinensis). Des engrais sont utilisés sur les 230 hectares, mais pas de pesticides. 80% des feuilles de thé récoltées part pour être vendu au Kenya (bourse du thé).

 

L’élevage de M. Gérard, au bord du lac Sahambavy, concerne des vaches laitières ainsi que des cochons. Chaque animal a un nom et est en bonne santé. Le lait sert à la fabrication de crème ou de fromages comme la délicieuse tomme de Fianarantsoa.

 

L’histoire de la ville haute de Fianarantsoa est complètement liée à la phase d’expansion du royaume Imerina au 19ième siècle puis à la christianisation. M. Ben Ares nous guide dans les reste du palais Rova (un EPP à présent !) ainsi que devant les nombreuses églises restaurées témoignant de ce passé riche et mouvementé.

 

Les dernier objectif de notre périple n’était pas le moindre : la culture du riz. Cet aliment, aux propriétés reconnues, est la base de la cuisine malgache et de tout le continent asiatique. Grâce aux villageois du nord de Fianar et aussi à l’aide d’un technicien du ministère de l’agriculture, nous avons assisté à toutes les étapes du repiquage, de la récolte et du battage du riz. Nous avions la chance d’être présents au moment de la moisson !

Après le déjeuner au Collège Français de Fianarantsoa, les élèves ont pu discuter entre eux pendant le temps de pause. Les professeurs se sont également rencontrés. Nous n’avions malheureusement pas le temps d’envisager une rencontre sportive inter-établissement : la prochaine fois !

Enfin, la dernière soirée à la pension fut l’occasion de fêter l’anniversaire d’une élève autour de bons gros gâteaux, ainsi que de danser grâce à la sono présente sur place ! Pas trop tard quand même car 8 heures de bus, au bas mot, nous attendent le lendemain pour retrouver Tuléar, notre ville du soleil.

Au retour, en plus des paysages, images et rencontres, les données géologiques, historiques et géographiques vont nous servir de base pour approfondir nos connaissances en classe. Les classes ont trouvé également un nouveau sens à la vie en groupe.

Remerciements à l’AEFE pour la subvention APP (Action Pédagogique Pilote Géoscientistes) qui a permis de financer ce nouveau projet et sa lithothèque.

Pascal Carrié,
responsable et coordonnateur du projet, enseignant en SVT.

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